Mettre en forme une pièce crochetée consiste à exercer sur elle une action de façonnage pour lui imprimer l’apparence que l’on a décidé qu’elle devait avoir.
Certaines crocheteuses francophones emploient le terme « blocage », qui est une traduction directe de l’anglais « to block », qui signifie bloquer.
Le terme « to block » est largement utilisé dans les ouvrages de crochet anglo-saxons.
Pour ma part, à moins d’être immobilisé de manière définitive avec un produit durcisseur, un ouvrage au crochet n’est jamais réellement « bloqué », puisque la fibre reste souple et se prêtera aux diverses manipulations qu’on lui appliquera, c’est pourquoi, je préfère employer la notion de mise en forme pour tous les ouvrages qui ne seront pas durcis définitivement, et de durcissement (ou blocage si vous préférez) pour les ouvrages solidifiés, définitivement ou pas, avec un produit durcisseur.
Sur mon site, j’ai listé quelques recettes de durcisseurs, mais vous en trouverez également dans les livres de crochet d’art, ainsi que de nombreuses explications sur la technique du durcissement d’ouvrages crochetés, c’est pourquoi, je n’aborderai que le procédé de la mise en forme dans cet article.
Si vous n’êtes pas coutumière de la mise en forme de vos ouvrages crochetés, je vous suggère d’essayer avec votre prochaine création, vous serez surprise du résultat.
L’objectif de la mise en forme consiste à réduire les déformations subies par l’ouvrage au cours du travail, et de lui procurer un aspect plus net, plus régulier, en d’autres termes, plus « professionnel ». Pour les créatrices de vêtements au crochet, la mise en forme consiste également à faire correspondre l’ouvrage avec le patron utilisé pour sa conception.
Cette étape au cours de la création n’est bien sûr pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée pour les raisons que j’ai évoquées.
Il existe donc plusieurs procédés de mise en forme plus ou moins efficaces, je vais tâcher d’énumérer les plus répandus, la liste n’étant pas exhaustive, car peut être en connaissez vous d’autres ?
Tout d’abord, il y a celles qui utilisent la planche à repasser pour épingler leur ouvrage et l’imprégner avec la vapeur d’un fer à repasser au travers d’une étoffe, la pièce crochetée est ensuite séchée à l’air libre ou à l’aide d’un séchoir à cheveux si elle est réalisée en coton, avant d’être retirée de la planche.
Puis il y a celles qui emploient le tapis de sport en mousse, sur lequel va sécher l’ouvrage après avoir été vaporisé d’eau toujours au travers d’une étoffe.
Et enfin, celles qui empilent plusieurs serviettes en éponge sur lesquelles elles épinglent leur ouvrage avant de le vaporiser et de le faire sécher de la même manière que précédemment.
J’ai bien sûr employé et donc testé, toutes ces méthodes qui ont au moins le mérite d’exister.
Pourtant, aucune ne m’a pleinement satisfait, et considérant que tout est toujours perfectible, j’ai cherché inlassablement une méthode qui me conviendrait mieux.
J’ai donc commencé par tester le polystyrène expansé, c’est-à-dire celui que l’on trouve dans les cartons d’emballages. Ce matériau est très pratique au demeurant, mais aussi très fragile.
C’est au cours d’une discussion avec un proche sur le thème du bâtiment, que j’ai appris l’existence d’un autre type de matériau : le polystyrène extrudé.
Je ne connaissais pas ce matériau et il fallait que j’en apprenne davantage.
Je suis donc allée au magasin de bricolage le plus proche et là, j’ai enfin trouvé ce que je cherchais depuis de nombreuses années !
La plaque que vous apercevez sur la photo ci-dessus mesure 126 cm x 60 cm, je l’ai choisie en fonction de son épaisseur, c’est-à-dire six centimètres. Cela permet aux épingles de tenir en place et de ne pas ressortir lorsque la planche est couchée.
L’avantage d’une telle planche c’est qu’elle libère la table à repasser, ainsi que la table de salle à manger si l’on utilise la technique de l’empilage de serviettes, ou le sol si l’on utilise des tapis en mousse, elle est par ailleurs d’un coût très raisonnable puisque j’ai payé la mienne moins de dix euros. Etant donné ses dimensions, cette planche permet l’épinglage simultané de plusieurs pièces crochetées, car on peut utiliser ses deux faces.
Et pour finir, on peut la transporter dans n’importe quelle pièce de la maison et laisser ainsi l’ ouvrage sécher tranquillement à l’air libre…….à moins que l’on ne désire l’exposer à ses invités, en guise d’œuvre d’art !!!
Une petite précaution tout de même, le polystyrène ne supporte pas le contact direct de la chaleur, la vapeur du fer à repasser est donc à proscrire (j’en ai fais la malheureuse expérience), tout au plus la chaleur d’un sèche-cheveux ou d’un radiateur à bonne distance et toujours au travers d’un linge humidifié au préalable.
Alors même si je considère que tout est toujours perfectible, au vu de tous ses avantages, je m’accommoderais parfaitement de ce petit inconvénient du polystyrène extrudé !




8 avril 2010 à 8:38
Effectivement c’est une bonne idée. Jusqu’à présent je me suis contentée de repasser mon ouvrage!
8 avril 2010 à 9:18
Bonsoir Stefania, ravie de vous retrouver !
Repasser ????
Vous voulez dire repasser comme une chemise ou juste passer de la vapeur dessus ?